Catalogne : une semaine d’escalade des tensions

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Les émeutes pourraient-elles ouvrir un horizon au-delà de la souveraineté nationale ?

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Depuis lundi 14 octobre, en réponse aux condamnations draconiennes infligées aux politicien·ne·s qui promeuvent l’indépendance catalane, des dizaines de milliers de personnes à travers la Catalogne se sont livrées à des émeutes et à des perturbations continues. Bien que la majorité du mouvement reste pacifiste, un petit millier de participant·e·s ont rejeté le leadership des partis et des organisations politiques, optant pour une confrontation ouverte avec la police. Toutefois, les multiples mobilisations se déroulent toujours dans cette confluence, ce qui rend le contrôle de la police très difficile. Les manifestant·e·s auraient utilisé des chausse-trapes, des cocktails Molotov et des ballons de peinture pour neutraliser les fourgons de la police, tout en gardant les officiers à distance à l’aide de lasers et de lance-pierres et en chassant les hélicoptères avec des feux d’artifices. Dans le compte-rendu suivant, nous passons en revue les événements de la semaine dernière et explorons les enjeux de cette lutte.

En tant qu’anarchistes, nous avons une conception plus élaborée de l’autodétermination que celle de la simple souveraineté nationale. Tous les gouvernements sont basés sur l’asymétrie du pouvoir entre gouvernants et gouverné·e·s ; le nationalisme n’est qu’un des nombreux moyens par lesquels les dirigeants cherchent à nous monter les un·e·s contre les autres pour que nous ne nous unissions pas contre eux. Nous trouvons instructif que la police catalane ait travaillé en étroite collaboration avec la police nationale espagnole au cours des dernières années de répression ; même si la Catalogne obtient son indépendance, nous sommes certain·e·s que la police et les tribunaux catalans indépendants continueront à réprimer celles et ceux qui luttent contre le capitalisme et cherchent une véritable autodétermination. En même temps, il existe une longue tradition d’activités anarchistes et antiétatiques en Catalogne, et nous sommes inspiré·e·s de voir qu’une partie de ce phénomène se manifeste dans la résistance à la violence de l’État espagnol. Il est possible que la dernière escalade du conflit dans les rues de Catalogne soit un pas vers la radicalisation de l’ensemble du mouvement et vers la perte de la légitimité des solutions étatiques.

Regardons de plus près pour voir ce qu’il en est.

Des membres des Comités de Défense de la République se réunissent devant la caserne de la Garde civile à Barcelone après l’arrestation, le 23 septembre 2019, de neuf militants associés au mouvement indépendantiste catalan.


Lundi 14 octobre

En représailles au référendum de 2017 et à la déclaration d’indépendance qui a suivi, la Cour suprême espagnole a condamné l’ancien vice-président catalan Oriol Junqueras à 13 ans de prison ; les ancien·ne·s ministres Jordi Turull, Raül Romeva, Dolors Bassa, Joaquim Forn et Josep Rull ont été condamné·e·s à des peines allant de 10 à 12 ans de prison. L’ancienne présidente du Parlement, Carme Forcadell, a reçu 11 ans et demi pour sédition. Les militants Jordi Sànchez et Jordi Cuixart ont été condamnés à 9 ans chacun, également pour sédition.

Plusieurs groupes indépendantistes ont appelé à des manifestations et ont bloqué les routes principales de Barcelone. Lundi 14 octobre en début d’après-midi, le groupe Tsunami Democràtic a appelé les manifestants à bloquer l’aéroport de Barcelone. Il y a également eu des actions de blocage sur les lignes de chemin de fer et sur de nombreuses autoroutes.

Montrant le fonctionnement intégré de toutes les sous-sections de l’État, la police catalane et espagnole—les Mossos d’Esquadra et la Policia Nacional —ont travaillé ensemble pour réprimer les manifestant·e·s. Ils ont brutalement attaqué un grand nombre de personnes. Alors que la majorité des manifestant·e·s sont resté·e·s « non-violent·e·s » face aux attaques de la police, comme iels l’avaient fait en 2017, certain·e·s ont construit des barricades enflammées et ont bombardé la police avec des briques, des extincteurs et des chariots à bagages depuis les toits. Il a fallu à la police des heures d’attaques violentes pour pouvoir expulser les manifestant·e·s de l’aéroport. Par exemple, un affrontement dans un parking a commencé vers 21 heures et s’est poursuivi jusqu’à près de minuit. Par la suite, des milliers de personnes ont continué à résister ; certaines ont érigé des barricades en feu sur l’autoroute.

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Mardi 15 octobre

Le mardi 15 octobre, les blocus organisés par « Tsunami Democràtic » ont continué sur une base idéologique largement « non-violente », ralentissant et, dans certains cas, paralysant le transport ferroviaire, routier et aérien. D’autres manifestations ont éclaté cette nuit-là. Sous l’impulsion de la violence policière, de plus en plus de gens ont commencé à riposter, lançant des objets plus lourds et allumant des feux dans les rues.

L’Assemblea Nacional Catalana (« l’Assemblée Nationale Catalane », ANC) et divers partis politiques avaient décidé d’organiser de grandes marches pour défiler à travers la Catalogne à partir de mercredi, prenant et bloquant les autoroutes afin d’arriver à Barcelone le vendredi pour la journée de grève générale et de manifestations. L’objectif était que cette action soit totalement pacifiste. À travers cette action et sa ligne idéologique, l’ANC et les partis politiques réitèrent essentiellement leur stratégie de 2017, où, à la suite des passages à tabac massifs organisés par la police lors du référendum du 1er octobre, ces mêmes organisations avaient volontairement décidé d’attendre deux jours avant d’organiser une manifestation en réponse à la répression gouvernementale, et ce afin de calmer les esprits des participant·e·s et ainsi éviter des affrontements et des effusions de violence.

Mais les organisations ont également donné leur accord à Tsunami Democràtic, qui avait prévu depuis le début d’organiser des manifestations de type flash-mob immédiatement après le verdict. Ces manifestations, elles aussi, se voulaient totalement non-violentes, mais avec une approche plus efficace—cibler les infrastructures plutôt que des points purement symboliques. Soit les organisateur·rice·s ont sous-estimé le nombre de personnes qui viendraient à ses actions et y passeraient la nuit, soit iels ont surestimé leur capacité à imposer le pacifisme après l’expérience de 2017.

Dès le mardi soir (15 octobre), le contrôle de la situation a clairement commencé à leur échapper. En Catalogne, dans une certaine mesure, le fait que les gens emploient des tactiques combatives et destructrices est généralement un indicateur utile pour connaître le niveau d’autonomie d’une manifestation en particulier, même si, en soi, l’utilisation de tactiques plus conflictuelles ne suppose pas nécessairement un programme radical. Les partis ont toujours insisté sur le fait que tout doit être pacifique, tout comme ils ont dilué le sens du terme « indépendance », en utilisant un discours nationaliste et en supprimant les objectifs anticapitalistes qui caractérisaient auparavant le mouvement.

Des milliers de personnes manifestent contre la condamnation devant le bureau local de la Generalitat à Girona, en Catalogne, le 14 octobre 2019.

Il n’est pas facile de résumer les idées politiques des gens qui se battent dans la rue sur la base de leur conduite, mais il semble que les pacifistes restent sous la domination idéologique des partis et des organisations de la « société civile » tels que l’ANC et Omnium, alors que celles et ceux qui dressent des barricades semblent ouvert·e·s à une vision beaucoup plus large de ce qu’est l’ennemi et de ce que pourraient être les objectifs des actions. Les individus de la première catégorie ont tendance à appartenir aux classes-moyennes (ou du moins aspirent à en faire partie) et parlent exclusivement catalan ; alors que la seconde catégorie est beaucoup plus diversifiée : on y trouve des hispanophones (mais qui majoritairement parlent catalan), des immigrants, et d’autres personnes aux profils divers et variés. Lorsque les manifestant·e·s les plus déterminé·e·s s’expriment, iels ont tendance à s’opposer à la police, à « l’État fasciste espagnol », et à mentionner plus souvent des questions d’ordre économique.

Nous devrions toujours remettre en question l’hypothèse selon laquelle un mouvement ne concernerait qu’une seule et unique chose. Un mouvement ne concerne qu’une seule et unique chose lorsque ce dernier est sous le contrôle d’un leadership efficace. Laissées à elles-mêmes, les personnes n’ont pas tendance à réduire leurs préoccupations à des questions uniques. La réalité est intersectionnelle.

Chapeau bas aux anarchistes et autres activistes antiautoritaires qui ont passé les deux dernières années à diffuser des perspectives et des analyses non-étatistes et non-nationalistes sur cette question ainsi qu’à créer les espaces autonomes et horizontaux qui sont apparus dans ce mouvement depuis 2017, et ce, en dehors de la domination des partis politiques et des marxistes-léninistes qui dominaient le mouvement indepe avant 2013. L’émergence de cet espace autonome est la différence clé qui distingue ce qui se passe aujourd’hui de ce qui s’est passé en 2017—et nous en voyons les fruits à travers ce qui se passe dans la rue.

Un autre facteur majeur expliquant le comportement ingouvernable de la population catalane cette semaine est que l’État espagnol a été assez stupide pour emprisonner les politicien·ne·s pacifistes et les activistes de la « société civile » qui avaient pacifié de manière efficace le mouvement en 2017. Celles et ceux-là mêmes qui, semblait-il, avaient déjà tué effectivement ce mouvement, du moins jusqu’à maintenant.

Ne jamais sous-estimer les États. Et ne jamais sous-estimer la stupidité étatiste.

Les Mossos affrontent des manifestants dans le centre de Barcelone dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16 octobre 2019.

Mercredi 16 octobre

Mercredi, des étudiants du secondaire et des universités ont déclaré une grève qui s’est poursuivie jusqu’au vendredi. Les marches organisées par l’ANC et les barrages routiers sont partis de nombreuses grandes villes pour rejoindre Barcelone. En fin de journée, les gens ont pris part à d’importantes émeutes à Barcelone ; d’autres confrontations de même intensité ont eu lieu dans les trois autres capitales provinciales, sans parler des plus petites villes comme Manresa. De nombreux affrontements ont eu lieu à l’extérieur des délégations du gouvernement (espagnol) ou devant des casernes de la Guardia Civil. À noter qu’il y avait déjà eu des émeutes importantes à Lleida et à Tarragone mardi soir.

Le président catalan Quim Torra et l’ex-président Carles Puigdemont ont déclaré que les émeutiers étaient des « infiltrés », mais seul·e·s les partisan·ne·s immédiat·es de ces politiciens ont été assez stupides pour les croire. Les absurdes théories du complot habituelles se sont répandues sur les réseaux sociaux à propos de manifestant·e·s masqué·e·s recevant de la part des autorités des enveloppes remplies d’argent liquide.

À Madrid, une manifestation antifasciste et pro-catalane assez importante a eu lieu en même temps qu’une marche fasciste contre l’indépendance. Les deux manifestations se sont affrontées avant que la police ne les sépare.

La police a chargé la foule à plusieurs reprises avec des matraques et a tiré des projectiles en mousse sur les manifestant·e·s.

Jeudi 17 octobre

Les marches de l’ANC se sont poursuivies. Des émeutes ont de nouveau eu lieu cette nuit-là à Barcelone et dans trois autres capitales provinciales. Les fascistes ont défilé en faveur de l’unité espagnole à Barcelone, attaquant certain·e·s manifestant·e·s en faveur de l’indépendance.

Vendredi 18 octobre

Aujourd’hui, la grève générale a lieu en Catalogne. Un juge espagnol a ordonné que les pages Web liées à Tsunami Democratíc soient fermées—une décision qui n’est pas sans nous rappeler celle de la Chine forçant Apple à retirer une application utilisée par des manifestants à Hong Kong.

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Le Parti Populaire conservateur (PP) appelle à l’application de la loi sur la sécurité nationale—essentiellement, la mise en place de la loi martiale. Entre-temps, il semble qu’un nouveau consensus politique soit en train de se former. Depuis quelques années, l’Espagne n’a pas été en mesure de former un gouvernement majoritaire efficace ; les élections ont eu lieu plus tôt dans l’année, mais elles devront de nouveau avoir lieu en novembre, car des désaccords ont empêché les socialistes de former une coalition gouvernementale avec Podemos. Les affrontements en Catalogne creusent un fossé entre Podemos (qui adopte une approche douce basée sur le dialogue et est potentiellement ouvert à un référendum « légitime ») et les socialistes (qui ont une approche dure rejetant toute possibilité de dialogue ou d’autodétermination). Cela crée la possibilité d’un gouvernement de coalition impliquant les socialistes et le PP—en supposant que les partis PP, Citizens et Vox n’obtiennent pas assez de voix pour former la majorité à eux seuls, ce qui est fort probable, car l’Espagne reste majoritairement positionnée à gauche.

Les flics anti-émeute sont épuisés et à ce stade, ils ne consomment probablement que de la cocaïne. Il y a des vidéos qui circulent en ligne montrant des fourgons de police anti-émeutes arpentant les rues et utilisant leurs canons à sons pour crier « Som gent de pau ». Cela signifie « nous sommes des gens de paix »—c’est le slogan des partis indépendantistes, mais les flics le pensent d’un ton moqueur et provocateur. Il y a des cas de manquement à la discipline chez les Mossos, ou encore des cas d’officiers isolés en train d’être passé à tabac par des manifestant·e·s, ce qui ne s’était jamais produit pendant les grèves de 2010 à 2012 ou même pendant la semaine de l’expulsion du centre social anarchiste Can Vies. Plusieurs fois, la police a été forcée de battre en retraite face à des combattant·e·s qui leur lançaient des pierres et même des cocktails Molotov. Même au plus fort de la résistance contre l’expulsion de Can Vies, il était rare de voir la police battre en retraite ; généralement les forces de l’ordre devaient travailler très dur pour pouvoir avancer, et à chacune de leurs progressions, les émeutier·ière·s changeaient de position ou s’en allaient ailleurs.

Aujourd’hui, un journal grand public a rapporté que presque la moitié des fourgons antiémeutes de la police ont été mis hors service suite aux dégâts reçu, principalement aux niveau des pneus. On ne sait pas avec quelle rapidité ces derniers peuvent être réparés. Si les policiers perdent leur fourgon, ils seront impuissants ; il y a trop de personnes dans la rue ayant recours à la force. L’État devra alors envoyer la Guardia Civil ou l’armée proprement dite pour maintenir ce qu’ils appellent « l’ordre ».

La vraie question est de savoir ce qui se passera samedi. Aujourd’hui la situation pourrait n’être que cathartique, mettant ainsi fin aux troubles ; elle pourrait être également réprimée de manière efficace, si la police apporte de nouvelles ressources et tactiques ; mais aujourd’hui peut également être le jour où l’État reconnaît qu’il a perdu le contrôle de la situation et qu’il doit intensifier la répression. Lors des émeutes de Can Vies, c’est seulement après le quatrième jour que l’État a reconnu qu’il avait perdu ; le cinquième jour, tout le monde était épuisé par conséquent, la marche organisée n’était qu’un tour d’honneur. Mais à présent, avec un nombre de participant·e·s de plusieurs fois supérieur à celui des policiers mobilisés et une mobilisation s’étendant partout en Catalogne, le mouvement ne va pas se fatiguer aussi vite. Bien que les pacifistes condamnent les émeutes, iels continuent de marcher et de bloquer les routes, ce qui ajoute à la difficulté de la situation pour l’État.

Les Mossos traversent une barricade enflammée à Barcelone pour charger les manifestant·e·s.

L’histoire, l’avenir

La péninsule ibérique a connu des conflits opposant d’un côté les monarchistes, les capitalistes, les fascistes et les partisan·e·s de la démocratie étatique, et de l’autre les anarchistes et autres partisan·e·s de la libération, et ce, bien avant la guerre civile espagnole. Il est important de se rappeler que le mouvement indépendantiste n’a pris le devant de la scène en Catalogne qu’après que la lutte anticapitaliste à l’échelle du pays ait atteint une impasse, lutte minée par la croyance erronée de nombreux·ses participant·e·s que la démocratie—directe ou non—pourrait apporter les changements qu’iels souhaitaient.

En 2011, le mouvement 15M, précurseur du mouvement Occupy, est apparu en Espagne, occupant des places et s’affrontant avec la police. Ce n’était là qu’un chapitre d’une phase de lutte qui a sans doute culminé le 29 mars 2012 lors des émeutes massives qui ont eu lieu pendant une grève générale à l’échelle nationale. Partout dans le monde, ce fut le point culminant de la lutte populaire contre les inégalités du capitalisme et les violences d’État.

Pourtant, plutôt que de continuer à investir de l’énergie dans des actions directes populaires comme moyen de produire un changement, beaucoup de celles et ceux qui avaient promu la démocratie directe lors des occupations de places se sont tourné·e·s vers la réhabilitation de la démocratie étatique à travers de nouveaux partis comme Podemos. En fin de compte, comme nous l’avons relaté ici, les résultats ont été décevants, ce qui a permis de pacifier les mouvements sociaux sans que ces derniers n’atteignent leurs objectifs initiaux.

Dans le vide politique qui s’en est suivi, le mouvement indépendantiste a pris de l’ampleur, proposant un référendum comme moyen de faire de la Catalogne un État indépendant, promettant une solution étatique aux problèmes qui avaient initialement incité les gens à se mobiliser contre le capitalisme et l’oppression gouvernementale. Lorsque l’Espagne a violemment réprimé le référendum, les anarchistes se sont retrouvée·e·s dans une position délicate voulant s’opposer à la violence policière, mais ne voulant pas approuver l’indépendance nationale comme la solution aux problèmes engendrés par le capitalisme et l’État. Bien sûr, il n’y avait pas que la police espagnole qui a participé à la répression—il y avait aussi la police catalane. Toutes les institutions qui étaient censées servir le peuple après l’indépendance étaient déjà en train d’être utilisées contre lui, tout comme elles continueront certainement de l’être si un jour la Catalogne devenait un État indépendant.

Tout cela montre les problèmes du nationalisme et de la démocratie. Nous soutenons les Catalan·e·s qui se défendent contre la police, les tribunaux et toutes les autres institutions du pouvoir ; c’est pourquoi les événements de cette semaine ont été une source d’inspiration. Mais en fin de compte, l’autodétermination signifie abolir ces institutions, et non les réformer ou les réinventer. Reste à savoir si la lutte actuelle en Catalogne va radicaliser un plus grand nombre de participant·e·s vers des solutions anarchistes ou simplement vers des moyens plus violents de poursuivre la souveraineté nationale. Mais celles et ceux qui sont à l’avant-garde des événements auront certainement une influence disproportionnée sur la réponse à cette question.