Dans ce compte rendu, les participant·e·s aux réseaux d’intervention rapide dans les « Villes Jumelles » décrivent leurs expériences, explorent la menace que représente le développement du Service de l’immigration et des douanes (ICE) en une police politique, et proposent une stratégie pour que les réseaux d’intervention rapide puissent relever le défi et contribuer à un changement social révolutionnaire.
Pour en savoir plus sur la structure des fils de discussion des réseaux d’intervention rapide, commence ici.
Tous les noms et lieux ont été modifiés afin de préserver la sécurité des personnes engagées dans les interventions rapides et la défense des communautés dans les « Villes Jumelles ».
cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/21/a/5.jpg
Nous quittons la maison à 5 heures du matin, emmitouflé·e·s dans nos vêtements d’hiver, alors que la température est inférieure à zéro dans le Minnesota. Nous marchons prudemment jusqu’à la voiture car tout le sol est verglacé. Notre chauffeur allume son téléphone et rejoint un appel Signal en cours dans un chat comprenant 1000 personnes et créé huit heures plus tôt. Ces fils de discussions de quartiers sur Signal sont recréés quotidiennement.
« Bonjour, ici Patrice, nous allons patrouiller pendant les deux prochaines heures. Notre zone de patrouille s’étend de la 24ème rue au sud, de Main Street au nord, de Washington Street à l’ouest et de la 5ème Avenue à l’est. » Il s’agit d’une zone de sept pâtés de maisons, que l’on peut parcourir en voiture en moins de deux minutes.
« Salut, Patrice, ça me semble bien », répond l’un·e des répartiteur·rice·s. Leur rôle consiste à suivre les différentes patrouilles à pied et en voiture dans la partie sud de Minneapolis et de s’assurer que toutes les zones sont couvertes. Il y a 25 autres personnes en ligne. Tout le monde est en mode silencieux et n’active le son que pour s’adresser au groupe.
Nous sortons de l’allée et commençons notre patrouille. Nous entendons une autre voix sur la discussion Signal. « Ici Stump, j’ai un véhicule suspect qui se dirige vers l’ouest sur Main Street, au coin de la 7ème Avenue. Un Dodge Ram argenté, immatriculé au Texas, Alpha Kilo Radio 3863, pouvez-vous vérifier son immatriculation ? »
« Ouai, c’est confirmé, c’est bien un véhicule de l’ICE », répond un·e deuxième répartiteur·rice quelques secondes plus tard. Leur travail consiste à vérifier les immatriculations à l’aide d’une vaste base de données contenant les plaques d’immatriculation collectées dans les différents quartiers ainsi qu’au siège régional de l’ICE au cours des huit dernières semaines de l’opération Metro Surge. L’opération a débuté en décembre dernier.
« Nous sommes sur la 6ème Avenue, en direction du nord. Nous serons à l’angle de Main Street dans 30 secondes, nous verrons si nous pouvons les rattraper, » répond notre chauffeur. Nous approchons de l’intersection et voyons le Ram passer à toute vitesse. Nous démarrons, prenant soin de ne pas accélérer trop rapidement pour ne pas attirer l’attention. Nous suivons le véhicule sur trois pâtés de maisons avant qu’il ne s’engage dans le parking d’un Burger King. Nous continuons à rouler, tout en alertant les autres membres de l’équipe.
Quelqu’un répond : « Je suis deux pâtés de maisons derrière vous, je vais vérifier le Burger King. »
Quelqu’un d’autre répond : « Je suis à pied à un pâté de maisons, j’arrive dans une minute. »
Alors que nous roulons, nous voyons des personnes seules ou en binômes au téléphone et avec des sifflets autour du cou à chaque coin de rue. Les gens impriment eux-mêmes en 3D des sifflets en quantités massives. Tous les quelques pâtés de maisons, nous croisons des voitures conduites par des personnes qui vérifient les intersections et parlent au téléphone. Suite à l’invasion de 3000 agents de l’ICE, les habitant·e·s du Minnesota se joignent chaque jour à des réseaux d’intervention rapide et parcourent leurs quartiers, même par une température de -6 °C avant le lever du soleil.
« Je suis suivi·e par une voiture qui, je pense, appartient à l’ICE. Je peux distinguer deux individus masqués à travers le pare-brise teinté », dit quelqu’un. L’appel est silencieux pendant quelques secondes. « Je suis arrêté·e. »
L’un·e des répartiteur·rice·s intervient : « Restez en ligne, baissez le volume pour qu’ils n’entendent pas l’appel, tou·te·s les autres, veuillez rester en mode silencieux. » Nous entendons des coups, puis quelque chose se brise. « L’ICE vient de briser leur vitre », explique calmement notre chauffeur, en ralentissant devant un feu rouge. Nous sommes choqué·e·s, mais c’est un fait courant. Tou·te·s les participant·e·s à l’appel gardent leur sang-froid.
Nous avons entendu des récits de membres des réseaux d’intervention rapide racontant comment l’ICE les a suivi·e·s puis les a coincé·e·s, a brisé les vitres de leur voiture, leur a pulvériser de la bombe au poivre en plein visage, les a menacé·e·s avec leurs armes, a tiré sur leurs pneus et les a arrêté·e·s. Certain·e·s ont été emmené·e·s au sein du bâtiment Whipple, le siège régional de l’ICE. D’autres personnes ont été conduites à l’autre bout de la ville et jetées hors du véhicule, seules dans le froid. Leurs voitures ont été laissés en marche sur le bord de la route. Les membres des réseaux d’intervention rapide nous racontent toutes ces histoires en passant, avant de se recentrer rapidement sur le travail à accomplir.
Bien sûr, l’ICE a fait pire que ça. L’agent Jonathan Ross a abattu Renee Good alors qu’elle tentait de s’enfuir en voiture. Une semaine plus tard, alors que des agents de l’ICE poursuivaient quelqu’un, ils ont tiré à balles réelles sur une maison où se trouvait une famille, touchant Julio Sosa-Celis à la jambe.
Mais quand tu demandes aux patrouilleurs·euses ce qu’iels veulent que les gens sachent sur ce qui se passe dans leur ville, iels mentionnent à peine les vitres brisées et les contusions. Iels décrivent le sentiment de connexion et de solidarité qui règne dans les rues. Iels font des cœurs avec leurs mains d’une voiture à l’autre, iels envoient des baisers. Iels préparent des dîners les un·e·s pour les autres, iels livrent des provisions aux familles sans papiers qui sont confinées chez elles depuis des semaines. Iels nous racontent comment, lorsqu’une échauffourée a éclaté sur une route très fréquentée, tou·te·s les client·e·s d’un café se sont levé·e·s d’un seul coup, abandonnant ce qu’iels faisaient pour courir vers le bruit. Nous entendons sans cesse parler de leur profond amour pour la communauté des « Villes Jumelles » et pour leurs voisin·e·s. Chaque jour, des personnes qui n’auraient jamais imaginé se battre contre l’ICE participent à des actions combatives audacieuses.
Et tout cela sonne juste. Même en tant qu’invité·e·s, volontaires venu·e·s d’ailleurs, nous avons le sentiment que toute la ville nous soutient.
cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/21/a/7.jpg
Plus tard dans la journée, nous sortons pour aller prendre notre petit-déjeuner. Nous n’avons parcouru que trois pâtés de maisons lorsque nous apercevons un groupe de personnes courir et souffler dans des sifflets. Puis nous voyons des gyrophares devant nous.
Nous nous garons et sortons du véhicule. L’ICE est en train d’emmener quelqu’un hors de sa maison. D’autres voitures – certaines conduites par des membres des groupes d’intervention rapide, d’autres par des personnes allant tout simplement au travail – se garent et d’autres individus en sortent précipitamment. Quelques personnes sortent en courant de leur maison, encore en train d’enfiler leur manteau. Les gens crient après les agents, les filment, leur lancent des boules de neige.
Un·e voisin·e est là, en pleurs. La personne arrêtée par l’ICE a deux enfants à la maison, et la voisine ou le voisin doit aller expliquer aux enfants ce qui vient d’arriver à leur mère. Nous essayons de bloquer les agents de l’ICE, mais ils montent rapidement dans leurs véhicules. Nous sautons dans notre voiture et les suivons. Les deux voitures de l’ICE se séparent et partent dans des directions différentes, roulant de manière erratique.
L’agent de l’ICE que nous suivons grille des feux rouge et roule à contresens. Il manque de peu de percuter de plein fouet un véhicule venant en sens inverse. Il tourne à droite depuis la voie de gauche, puis accélère dans une rue résidentielle. Nous klaxonnons derrière lui.
cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/21/a/4.jpg
Nous sommes venu·e·s à Minneapolis après le meurtre de Renee Good parce que nous voulions comprendre ce qui se passait dans cette ville et soutenir les personnes qui se battaient. Nous nous attendions à trouver une ville subissant une vague d’arrestations par l’ICE, comme celles qui ont eu lieu à Chicago, Los Angeles, Charlotte, ou à la Nouvelle-Orléans.
Mais la situation à Minneapolis ne ressemble à rien de ce que nous avons connu auparavant. Il ne s’agit pas seulement d’une recrudescence des raids. Il s’agit d’une occupation militaire à grande échelle, qui te défie où que tu ailles. Tu ne peux pas parcourir plus de deux pâtés de maisons sans voir des bandes errantes de voitures aux vitres teintées transportant des hommes masqués en tenue militaire complète : casques, cagoules, armes longues, équipement tactique, munitions anti-émeutes. Ils s’arrêtent aux arrêts de bus, sautent hors du véhicule, attrapent une personne à la peau mate, la poussent dans la voiture, puis repartent à toute vitesse. Ils ne vérifient pas les papiers. Certaines personnes ont été détenues dans des centres de détentions pendant des semaines avant que l’on ne découvre qu’elles étaient citoyennes américaines.
Nous assistons à un pogrom racial.
cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/21/a/6.jpg
Plus tard, alors que nous sommes attablé·e·s pour le petit déjeuner, nous recevons un message nous informant que l’ICE a percuté une voiture à quelques pâtés de maisons de là. « Enlèvement en cours à l’angle de la 2ème rue et de Pine Street. L’homme affirme être citoyen américain. » Nous réglons rapidement l’addition et nous nous précipitons sur les lieux.
Au milieu d’un pâté de maisons, on aperçoit une berline dont l’arrière est enfoncé. Derrière elle, deux véhicules de l’ICE sont garés, gyrophares allumés. Les agents poursuivaient quelqu’un et l’ont percuté, provoquant un accident dans un quartier résidentiel. Des voitures bloquent le carrefour des deux côtés, leurs occupant·e·s se tiennent debout sur la chaussée. Certaines personnes filment la scène, beaucoup sifflent et klaxonnent, d’autres crient après les agents, quelques-un·e·s lancent des boules de neige. En moins de 15 minutes, des centaines de personnes se sont rassemblées.
Puis les renforts de l’ICE commencent à arriver. Ils utilisent des gaz lacrymogènes, des sprays au poivre et tirent des balles en caoutchouc pour tenter de disperser la foule.
Si les réseaux d’intervention rapide n’ont pas réussi à endiguer le flux des enlèvements, le fait de détourner des dizaines d’agents qui, autrement, se livreraient à des kidnappings, pour les affecter au contrôle des foules ralentit leurs opérations et les démoralise. Gregory Bovino, haut responsable de la police des frontières, l’a récemment admis, concédant que la manière dont les membres de la communauté ont réagi aux opérations de l’ICE dans les « Ville Jumelles » rend son travail[^1] plus difficile.
Après environ une heure passée à se frayer un chemin parmi les embouteillages causés par les voitures garées et les résident·e·s en colère, le groupe d’agents parvient à se dégager. Ils libèrent l’homme qui avait été heurté par le véhicule de l’ICE. Un agent gradé prononce machinalement quelques mots d’excuse, mais les violences se poursuivent dans les deux « Villes Jumelles ».
cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/21/a/9.jpg
À l’heure actuelle, l’ICE est en pleine transformation pour devenir une force de police politique. De récentes fuites d’informations révèlent que des programmes secrets de l’ICE cherchent à exploiter chaque personne détenue pour obtenir des informations, et qu’ils visent à déployer jusqu’à 2000 agents « de renseignement » dans des communautés à travers le pays dans le but d’espionner les migrant·e·s et les citoyen·e·s. Ces opérations, ainsi que la stratégie générale du département de la Sécurité intérieure, ne visent pas seulement les immigrant·e·s, mais aussi les opposant·e·s au régime Trump.
L’administration invoque les menaces proférées par les soi-disant « Antifa » et la « gauche radicale » pour justifier sa consolidation autoritaire du pouvoir. Mais le fait que le FBI ait qualifié Renee Good de « terroriste intérieure » et ait fait pression sur les procureur·e·s pour qu’iels enquêtent sur sa veuve montre bien ce qu’ils entendent par ces termes. La « gauche radicale » est un terme fourre-tout qui sera utilisé rétroactivement pour décrire toute personne assassinée au hasard par des agents fédéraux — ou toute personne qu’ils aimeraient assassiner. Chaque fois qu’ils parlent de « gauche radicale », ils disent qu’ils ont l’intention de continuer à assassiner des gens comme ils ont assassiné Renee Good, et qu’ils ont l’intention de le faire en toute impunité.
Lorsque le département de la Sécurité intérieure publie un mème sur son compte officiel sur les réseaux sociaux pour promouvoir « 100 millions d’expulsions », il devrait être clair pour toutes et tous que l’ICE ne vise pas seulement celles et ceux qui ne disposent pas actuellement des documents d’immigration appropriés. Ils ont dans leur ligne de mire les centaines de millions de personnes qui s’opposent au programme de Trump. Si on leur en donne les moyens, ils kidnapperont ou assassineront chacun d’entre elleux.
cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/21/a/1.jpg
Nous pouvons en avoir un aperçu dans une affaire fédérale actuellement en cours à Fort Worth, au Texas. À la suite d’un rassemblement organisé le 4 juillet dernier au centre de détention Prairieland, géré par l’ICE à Alvarado, au Texas, un agent aurait été blessé par balle. L’agent en question n’a aucun dossier médical pour étayer cette affirmation, mais les autorités ont arrêté neuf personnes cette nuit-là et dix autres au cours des mois qui ont suivi. Les dix-neuf personnes risquent désormais plusieurs décennies de prison en raison de leur lien présumé avec le rassemblement ou simplement en raison de leurs convictions politiques. Un enseignant de Dallas, Dario Sanchez, fait l’objet de poursuites au niveau de l’État pour avoir prétendument exclu quelqu’un d’un groupe de discussion Signal. Daniel Sanchez Estrada, un artiste local, fait l’objet de poursuites fédérales pour avoir emporté une boîte de brochures du domicile de sa femme. Aucune de ces personnes n’était présente au centre de détention de Prairieland lors du rassemblement en question.
Alors que les « Villes Jumelles » sont en première ligne des opérations coercitives de l’ICE, l’affaire Prairieland montre comment les autorités utilisent l’appareil juridique comme une arme pour écraser la dissidence dans tout le pays. La liberté d’expression, la liberté d’association et la liberté de pensée disparaissent aussi rapidement que nos voisin·e·s. Les précédents que les autorités créent seront bientôt utilisés contre quiconque osera s’opposer à la montée de l’autoritarisme.
À moins que nous n’agissions rapidement pour les arrêter.
cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/21/a/3.jpg
Ce que tu peux faire
Si tu peux, viens à Minneapolis. Viens avec une équipe de deux personnes ou plus afin de pouvoir agir de manière indépendante tout en soutenant l’organisation locale. Apportez avec vous un téléphone avec un abonnement qui fonctionne et une voiture à quatre roues motrices. Connectez-vous aux réseaux locaux d’intervention rapide. Ne vous fiez pas à une seule tactique. La situation évolue de jour en jour. Soyez flexibles. Soyez créatif·ive·s. Soyez audacieux·euses.
Identifie des cibles qui sont directement liées à l’ICE. Nous devons diffuser des récits qui dénoncent les entreprises complices des enlèvements perpétrés par l’ICE et proposer des mesures concrètes pour y remédier. En voici quelques exemples :
- Les aéroports. Chaque jour, des vols d’expulsion partent de l’aéroport Minneapolis-St. Paul vers d’autres aéroports à travers le pays. Pourtant, aucun blocage d’aéroport n’a encore eu lieu.
- Les Hôtels. Des manifestations ont eu lieu contre Hilton, qui héberge une grande partie des forces d’occupation. Après une manifestation quelque peu agitée, deux hôtels de Saint Paul ont fermé leurs portes, expulsant les agents de l’ICE qui y résidaient. Si la pression continue, d’autres franchises et chaînes pourraient suivre le mouvement.
- Les agences de location de voitures. Des militantes et des militants locaux dénoncent Enterprise, qui a fourni près de 1000 véhicules à la flotte banalisée de l’ICE. Selon certaines informations, Alamo aurait également loué des voitures à l’ICE. Avec un peu de recherche, d’autres constructeurs automobiles complices des raids de l’ICE devraient probablement être révélés.
- Flock. Les caméras Flock, désormais bien connues pour leurs failles de sécurité et leur collaboration avec l’ICE, se répandent dans les villes à travers tout le pays. Les organisatrices et organisateurs de plusieurs communautés ont réussi à faire pression sur les gouvernements locaux pour qu’ils retirent les caméras Flock. Une pression supplémentaire pourrait continuer à éroder les réseaux de surveillance d’intelligence artificielle de Flock.
Développer les réseaux d’intervention rapide pour en faire des projets politiques à long terme
Malheureusement, en cette période marquée par la montée de l’autoritarisme, la crise économique et la catastrophe écologique, l’ICE n’est pas le seul danger qui menace nos communautés. Que faudrait-il pour que ce mouvement soit capable de passer à l’offensive dans tout le pays ?
- Un porte-parole. Dans de nombreuses villes, les réseaux d’intervention rapide existent principalement sur Signal ou Whatsapp. Imagine si les réseaux existants étaient capables d’appeler à des manifestations, de diffuser des tactiques innovantes et de coordonner leurs actions au niveau régional ou national. Si les réseaux locaux d’intervention rapide allaient au-delà de la simple observation et diffusion d’informations, ils pourraient, par exemple, appeler à des grèves générales dans toutes les villes en solidarité avec celle qui aura lieu dans les « Villes Jumelles » le 23 janvier.
- Un avantage offensif. De nombreux réseaux existants sont devenus très efficaces pour diffuser des informations sur les attaques de l’ICE et mobiliser des réponses. La même efficacité et la même coordination locale pourraient être utiles pour lutter contre les violences policières, défendre les résident·e·s contre les expulsions ou apporter un soutien aux travailleuses et travailleurs en grève.
- Un horizon révolutionnaire. Sur le plan logistique et tactique, les réseaux d’intervention rapide deviennent très avancés en matière de communication, de contre-surveillance, de soins et de créativité. En développant une orientation stratégique vers le changement révolutionnaire, ces réseaux pourraient devenir un système racinaire à partir duquel pourrait émerger une nouvelle société, une société qui privilégie l’amour de l’humanité plutôt que la recherche du profit.
Clique sur l’image pour télécharger le poster en version PDF imprimable.
Il ne sera pas plus facile de manifester.
Il sera seulement plus difficile de s’organiser.
Il est plus facile de gagner maintenant qu’il ne le sera jamais.
Nous avons peur. Nous savons que toi aussi. Mais ensemble, nous pouvons être courageux·ses.
Nous pouvons gagner.
Lectures complémentaires
- The Noise Demonstrations Keeping ICE Agents Awake at Their Hotels: A Model from the Twin Cities
- Minneapolis réagit au meurtre d’Alex Pretti : récit d’un témoin oculaire
- Des manifestant·e·s bloquent le quartier général de l’ICE à Fort Snelling, dans le Minnesota : compte rendu d’une action menée pendant la grève générale dans les « Villes Jumelles »
- Les réseaux d’intervention rapide dans la région de Minneapolis-Saint Paul : comment s’organise l’auto-défense populaire contre l’ICE
- Les quartiers nord de Minneapolis chassent l’ICE : un témoignage direct sur la réaction à une nouvelle fusillade impliquant l’ICE
- Minneapolis réagit au meurtre commis par l’ICE : un récit depuis les rues
- Protesters Clash with ICE Agents Again in the Twin Cities: A Firsthand Report
- Minneapolis to Feds:”Get the Fuck Out”: How People in the Twin Cities Responded to a Federal Raid
[^1] : Gregory Bovino a été nommé « commandant en chef » (un grade sans fondement légal) de la police des frontières par la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem. La transition de la démocratie à l’autocratie s’accompagne de l’émergence de nouveaux groupes militarisés qui opèrent en dehors de l’ancien protocole ; le « rôle » de Bovino en est le reflet.